Un week-end entre Reims et Laon, deux cathédrales gothiques

Le temps d'un week-end, direction la Champagne et la Picardie pour deux monuments gothiques majeurs : la cathédrale de Reims, de jour, puis celle de Laon, de nuit. Deux ambiances radicalement différentes pour deux édifices qui n'ont pourtant pas grand-chose à s'envier.

Reims, la cathédrale des sacres

La cathédrale actuelle est reconstruite à partir de 1211, après qu'un incendie a totalement détruit l'édifice précédent. Il faudra quatre maîtres d'œuvre et près de cent ans pour l'achever — l'une des réalisations majeures de l'art gothique en France, avec une statuaire exceptionnelle de plus de 2 300 statues.

Reims doit surtout sa renommée à son rôle historique : à partir du sacre d'Henri Ier en 1027, 33 des 37 rois de France y ont été sacrés, et à partir de Louis VII, tous les rois de France sans exception, à l'exception d'Henri IV et de Louis XVIII. Le dernier sacre fut celui de Charles X, en 1825.

La cathédrale a aussi payé un lourd tribut à la Première Guerre mondiale : dès le 4 septembre 1914, les Allemands bombardent Reims, et 287 obus finissent par toucher l'édifice. Ceux du 19 septembre 1914 détruisent irrémédiablement sa charpente en bois. Sa reconstruction, à partir de 1927, se fait avec une charpente en ciment armé conçue par l'architecte en chef des Monuments historiques Henri Deneux — et grâce, en partie, à un mécène inattendu : John D. Rockefeller Jr., qui finance en 1924 plus d'un tiers des travaux de restauration.

Laon, un des tout premiers chefs-d'œuvre gothiques

À une heure de route, la cathédrale de Laon est un jalon encore plus ancien de l'art gothique : sa construction commence en 1155 sous l'impulsion de l'évêque Gauthier de Mortagne, et se poursuit jusqu'en 1235. Elle est aujourd'hui considérée comme l'un des tout premiers grands édifices gothiques de France, et son influence a dépassé les frontières : on en retrouve des échos jusque dans les cathédrales de Bamberg, Magdebourg et Limbourg en Allemagne, et jusque dans le transept de... Chartres.

Le détail qui frappe le plus quand on lève les yeux vers ses tours, c'est la présence de seize statues de bœufs grandeur nature, à chaque angle des étages supérieurs. Un hommage direct aux bœufs qui ont hissé, depuis des carrières situées à plus de 15 km (notamment celles de Chermizy), les blocs de pierre jusqu'au sommet de la colline sur laquelle est bâtie la ville — la fameuse « montagne couronnée » de Laon.

Cathédrale de Laon illuminée en bleu la nuit avec la pleine lune

Deux ambiances, deux photographies

Photographier Reims de jour permet de vraiment détailler la statuaire de la façade et la fameuse rosace. À Laon, c'est l'inverse : la nuit et l'éclairage bleu des tours, avec la pleine lune en arrière-plan ce soir-là, donnaient une ambiance presque irréelle — une belle façon de terminer ce week-end à deux cathédrales.

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