Chaque hiver, le Domaine national de Saint-Cloud se transforme à la tombée de la nuit : c'est « Lumières en Seine », un parcours lumineux nocturne organisé par le Département des Hauts-de-Seine au cœur du parc. Une tout autre ambiance que mes sorties automobile ou animalier habituelles.
Un parc, mais plus de château
Ce qui surprend, en arrivant sur place, c'est qu'il ne reste aucun château à Saint-Cloud — seulement un parc de 460 hectares. Et pour cause : le château, qui avait accueilli tour à tour Napoléon Bonaparte, la famille royale sous la Restauration, Louis-Philippe puis Napoléon III, a brûlé le 13 octobre 1870 en pleine guerre franco-prussienne, pendant le siège de Paris. Ses ruines ont finalement été rasées en 1891. Il ne subsiste aujourd'hui que le parc et ses jardins, animés de fontaines et de sculptures.
La Grande Cascade, un chef-d'œuvre hydraulique du XVIIe siècle
La pièce maîtresse du parc, c'est justement ce que « Lumières en Seine » met en valeur chaque soir : la Grande Cascade. Elle a été conçue entre 1660 et 1665 par l'architecte Antoine Le Pautre pour le frère de Louis XIV, Philippe d'Orléans — un véritable « théâtre de cristal jaillissant ». André Le Nôtre, le jardinier du roi, est appelé en 1665 pour aménager les jardins environnants, un défi de taille compte tenu du relief très accidenté du site. En 1698, l'architecte Jules Hardouin-Mansart agrandit encore la cascade en creusant un petit canal et en ajoutant trois nouvelles nappes d'eau. L'ensemble mesure aujourd'hui 200 mètres de long pour 21 mètres de dénivelé, avec une partie haute composée de neuf terrasses où l'eau s'écoule de bassin en bassin à travers des mascarons de plomb.
Un parcours nocturne chaque hiver
L'évènement revient chaque hiver, de mi-novembre à début janvier, tous les soirs à la tombée de la nuit. Le parcours fait environ 2 km à travers le domaine, avec des mises en scène lumineuses qui habillent la Grande Cascade, les allées d'arbres et les pièces d'eau de couleurs changeantes.
Conseils pour photographier l'évènement
Contrairement à ce qu'on pourrait penser, je n'ai pas eu besoin de trépied : les installations sont assez lumineuses pour shooter à main levée, à condition de monter un peu l'ISO et de bien caler ses appuis. Le parc étant très fréquenté en soirée, mieux vaut arriver tôt pour profiter des premiers emplacements dégagés face à la cascade.