Étape à Dourdan (Essonne), le temps d'une sortie photo autour de sa très belle église Saint-Germain-l'Auxerrois — un édifice gothique qui a traversé huit siècles mouvementés sans jamais perdre son caractère.
Une construction commencée au XIIe siècle
La construction de l'église débute au milieu du XIIe siècle : à l'origine, seuls le chœur et le transept sont bâtis. Les travaux se poursuivent jusqu'au début du XIIIe siècle, en même temps que se construit le château fort voisin, celui de Philippe Auguste. L'édifice est dédié à saint Germain d'Auxerre.
Incendiée, reconstruite, agrandie
L'histoire de l'église n'a rien d'un long fleuve tranquille : pendant la guerre de Cent Ans, elle est incendiée et perd les parties hautes de sa nef en 1428. Reconstruite et complétée de chapelles latérales aux XVe et XVIe siècles, elle subit de nouveaux saccages lors des guerres de Religion. À la fin du XVIIe siècle, la population ayant augmenté, la paroisse fait abattre le mur du chevet pour ajouter une grande chapelle dédiée à la Vierge, de plan pentagonal, achevée en 1690 et éclairée par quatre hautes baies dont les vitraux évoquent les mystères du Rosaire.
Une restauration décisive au XIXe siècle
Au XIXe siècle, mal entretenu, l'édifice menace de tomber en ruine. À partir de 1868, grâce à un legs et à la participation financière de la paroisse et de la municipalité, une importante campagne de restauration est menée — achevée en moins de dix ans. C'est elle qui donne à l'église son aspect unifié actuel, qui en fait aujourd'hui un bel exemple d'art néo-gothique du XIXe siècle. L'édifice est aujourd'hui classé monument historique.
Fait amusant : Dourdan comptait autrefois une seconde paroisse, Saint-Pierre, mais celle-ci a beaucoup moins de chance — frappée par la foudre à plusieurs reprises (1637, puis 1735), désaffectée dès 1791, elle est finalement démolie en 1816-1817 et ses pierres réemployées ailleurs. Il n'en reste plus qu'un pan de mur et le coq de son clocher, aujourd'hui conservé au musée du château de Dourdan.
Ce qui m'a plu à photographier
Ce qui rend Saint-Germain-l'Auxerrois intéressante à shooter, c'est justement ce mélange d'époques : le clocher principal en pierre massive côtoie une flèche plus fine, en charpente et ardoise, typique des clochers de croisée. Entre les toits des maisons de la vieille ville, on trouve aussi de belles occasions de cadrer la tour en silhouette, à contre-jour, en fin de journée.